Eh oui Élodie, toi qui me disais adorer ton stress, laisse-moi encore quelques minutes pour conclure sur le sujet.
Élodie : Hum…tu vas finir par m’agacer sérieusement…
En fait, tu vois, ce n'est pas une situation objective qui détermine le niveau de stress de l'individu, mais la perception qu'il en a. En particulier s'il a l'impression que ses ressources ne sont pas suffisantes pour venir à bout d’un problème.
C’est souvent le cas lorsqu’on observe chez un cadre, une dichotomie entre un CV d’embauche prometteur et une faible structure psychique. Par exemple une personne ayant de grandes capacités intellectuelles mais ne faisant pas confiance aux autres. Elle aura de la difficulté à déléguer et placera son personnel sous surveillance excessive. Qui n’a pas connu ce genre de patron un peu parano ? Stressant n’est-ce pas ?
Élodie : Ma boss, elle, c’est une perfectionniste. Elle surveille tout le monde et on n’avance pas. Résultats on se fait piquer de beaux contrats par la concurrence et elle nous accuse.
Tout ça peut se corriger quand les entreprises auront compris qu’un beau CV ne suffit pas à embaucher un cadre. Le Power-Profiling, une méthode qui ne sollicite ni les capacités intellectuelles ni les connaissances du candidat, permettra de lui attribuer un poste où il pourra performer sans stress excessif et sans stresser les autres.
Élodie : oui c’est le fun… Je commence à aimer notre échange… Je me sens comprise.
Surtout si je te dis que la génétique joue un rôle dans le stress. Le gène qui gère la production de protéine transportant la sérotonine, régulatrice de l'humeur, peut être déficient. Dans ce cas il engendrera une production moindre de sérotonine, ce qui entraîne une régulation moins efficace de l'humeur. L’on sera alors plus enclin à la dépression face au stress.
Élodie : çà se soigne ?
Non, mais on peut améliorer sa vie avec quelques substances psycho-actives. Dans ce cas, seul le psychiatre a la connaissance nécessaire pour intervenir.
Élodie : à quoi reconnait-on une personne stressée ?
Il est possible de gérer son stress en repérant les signaux d'alarme : mâchoires serrées, jambes flageolantes ou rougissement, nous avons tous des manifestations privilégiées. Lorsqu'elles surviennent, prenons-en conscience et consacrons quelques secondes à comprendre les causes de leur apparition. Et, surtout, prenons un peu de recul : la situation à laquelle je dois faire face est-elle si difficile ? Autant d'ajustements qui peuvent changer la donne. Car, n’oublie pas, avant de nous paralyser, le stress nous permet d'augmenter notre vigilance et notre attention ou de mobiliser nos connaissances le temps d'un entretien d'embauche ou d'un examen scolaire par exemple.
Élodie : Dis m’en plus...
Sans vouloir t’inquiéter !? Troubles et maladies sont au menu et ont un effet cascade … Le sommeil est le premier à pâtir du stress. Un peu comme les gazelles qui ne dorment pas profondément plus de vingt minutes par nuit pour pouvoir fuir à l'arrivée du prédateur, les hormones libérées quand nous stressons nous préparent à l'action, et notre sommeil est perturbé : insomnie, micro-réveils, sautes d’humeur... la liste est longue.
Élodie : mais encore ?
Autre effet négatif, le stress augmente les risques de maladies cardio-vasculaires. Le cortisol, sécrété à long terme, peut dérégler certains mécanismes comme l'organisation des plaquettes dans le sang ou le métabolisme des graisses, d’où les conséquences sur la tension artérielle ou les risques accrus de diabète.
Élodie : moi je fume…
Le stress favorise le tabagisme et la consommation d'alcool, mauvais pour les vaisseaux. L'immunité aussi en pâtit. L'organisme focalise son énergie sur la situation d'urgence, c'est-à-dire le retour au calme. Il néglige les autres fonctions comme le système immunitaire. On devient plus sensible aux rhumes, aux grippes et à l'ensemble des maladies infectieuses. Les effets sur la grossesse… euh... Élodie es-tu enceinte ?
Élodie : tu rigoles, où est-ce que je trouverais le temps ?
C’était juste pour me rassurer avant d’ajouter que les femmes enceintes présentant un taux élevé de cortisol durant leur premier mois de grossesse ont trois fois plus de risque de faire une fausse couche.
Élodie : n’en rajoute plus…
Laisse-moi conclure en ajoutant que le stress retarde aussi la cicatrisation, augmente les risques de dépression ou de troubles obsessionnels compulsifs (TOC) et a un lien direct avec la prise de poids. Dans la majorité des cas, une personne soumise à un stress chronique réagit en choisissant des aliments plus caloriques et sa production de ghréline (l'hormone de l'appétit) a tendance à augmenter. De là à en conclure qu'un chef tyrannique est responsable de nos kilos en trop...
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