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L'IDENTITÉ SEXUELLE ET LES NEURONES

Je viens tout juste d'apprendre, qu'en France, les enseignants descendront dans la rue le 27 septembre pour protester au sujet du surencombrement des classes scolaires et, je suppose, de ces classes à deux niveaux… Voilà qui est bien. En attendant, la polémique fait rage au sujet des nouveaux manuels scolaires qui osent apporter une réflexion sur l’identité sexuelle.

Permettez-moi d’apporter une modeste opinion sur ce sujet. Sans vouloir mettre en cause le légitime questionnement des parents sur cette question, voyons ce que nous apporte de nouveau le débat sur l’origine innée ou acquise des différences entre les sexes.

Pour les tenants d’un déterminisme génétique de l’identité sexuelle, femmes et hommes seraient par nature différents dans leurs comportements et leurs personnalités. Ces idées font le succès de livres pseudo-scientifiques qui laissent croire que nos aptitudes, nos émotions, nos valeurs sont câblées dans des structures mentales immuables. Or le progrès des recherches en neurobiologie montrent le contraire : le cerveau fabrique sans cesse de nouveaux circuits de neurones en fonction de l’apprentissage ou de l’expérience vécue.

Ces propriétés de plasticité cérébrale, découvertes il y a une vingtaine d’années, ont révolutionné notre conception du fonctionnement du cerveau. Rien n’y est jamais figé ni programmé à la naissance.

Grâce aux nouveaux outils de l’imagerie cérébrale par IRM on a pu montrer que les différences entre les individus d’un même sexe sont tellement importantes qu’elles dépassent les différences entre les deux sexes. Cette variabilité s’explique par la plasticité du cerveau.

À la naissance, seulement 10% de nos 100 milliards de neurones sont connectés entre eux. Les 90% de nos connexions restantes vont se construire progressivement au gré des influences de la famille, de l’éducation, de la culture, de la société. La plasticité cérébrale apporte un éclairage nouveau sur les processus qui contribuent à forger nos identités.

Le nouveau-né humain ne connaît pas son sexe. Il va toutefois apprendre très tôt à distinguer le masculin du féminin, mais ce n’est que vers l’âge de 2 ans qu’il devient capable de s’identifier à l’un des deux sexes. Or depuis la naissance, il évolue dans un environnement sexué : la chambre, les jouets, les vêtements et les comportements des adultes sont différents en fonction du sexe du jeune enfant.

C’est l’interaction avec l’environnement qui va orienter les goûts, les aptitudes et contribuer à forger les traits de personnalité en fonction des modèles du masculin et du féminin donnés par la société. Dans cette dynamique, la structuration de la matière cérébrale est le reflet intime de l’expérience vécue. Et sans cette découverte majeure, ma méthode de Neuro-Coaching ne serait jamais née.

Donc, avis aux détracteurs de cette nouvelle approche d’enseignement, le dilemme classique d’une opposition entre nature et culture est dépassé.

Mais tout n’est pas joué pendant l’enfance. À l’âge adulte aussi la plasticité du cerveau permet de développer de nouvelles habitudes, de nouveaux réflexes, d’acquérir de nouveaux talents et de choisir de nouveaux itinéraires de vie.

Ainsi le genre n’est pas une simple théorie intellectuelle, hypothétique et non scientifique comme le prétendent certains.

Pour conclure j'ajouterai que le genre est un concept qui repose sur un ensemble de recherches validées dans tous les domaines : biologie, psychologie, sociologie, anthropologie, philosophie, histoire. L’enseignement du genre est d’actualité et plus que jamais une nécessité afin de promouvoir les principes d’égalité entre les femmes et les hommes.

Je vous invite à une journée FOCUS sur L'OMBRE ET LE BURN-OUT à Paris et Montréal en novembre prochain !

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