Les archétypes, les modèles et les symboles
C'est à C.G. Jung, que nous devons cette notion d'archétypes, certes complexe, mais que l'on peut définir comme des « formes » structurelles, des Gestalt chargées d'énergie qui préexistent dans la psyché humaine et sur lesquelles se modèle notre vision du monde et par conséquent nos réactions au monde extérieur.
L'archétype du Guerrier par exemple recèle en lui les énergies de courage et de détermination nécessaires pour l'achèvement d'un but. L’archétype de la Mère, des possibilités d'amour et de dévouement sans lesquelles nous ne pouvons prendre soin ni des autres ni de nous. Un archétype est d'autant plus vivant en nous que nous apprenons à mobiliser les qualités qu'il incarne et que nous dépassons les obstacles et résistances que nous rencontrons pour les exprimer. Les archétypes peuplent notre imaginaire, ils nous parlent dans les rêves comme dans les mythes. Ils sont présents potentiellement en nous et nous les intégrons par notre expérience de vie, un peu comme un puzzle se construit à partir d'un dessin qui le représente achevé.
Les formes archétypiques
Les archétypes se retrouvent, sous des formes variées, dans toutes les cultures, chaque époque et chaque tradition en privilégiant certains aspects. Les divinités hindoues ou bouddhistes, les dieux grecs de l'Olympe, les Neter de la civilisation pharaonique, les Esprits des tribus africaines ou amérindiennes, sont autant d'exemples du besoin qu'a l'humanité de se représenter les forces qui l'animent et d'en déchiffrer les interactions. Privé de panthéon et de héros mythiques, notre monde moderne investit les qualités archétypales dans ses stars, ses sportifs ou ses décideurs, modèles de réalisation de SOI conditionnés par des valeurs sociales toutes relatives.
Les archétypes forment la trame de la psyché collective de l'humanité dans sa quête de la compréhension de la condition humaine, de ses polarités et de ses conflits intérieurs, de ses projets et de ses motivations. Aussi la vision archétypale de l'être humain et du monde, proposée par Jung, nous permet-elle d'inscrire nos problématiques personnelles, nos doutes comme nos certitudes, dans une optique plus vaste, celle d'une participation vécue à l'évolution de l'humanité. Nous sommes chacun la petite goutte d'eau qui, dans le courant de la rivière, cherche son chemin vers la mer. À chaque instant de notre quotidien, nous cherchons, par nos comportements, à incarner des qualités archétypales, nous jouons les rôles inscrits en nous depuis la nuit des temps pour conduire l'homme vers son accomplissement. Et, sur la scène de la vie, nous pouvons être de plus ou de moins bons acteurs, déformant le script en nous enlisant dans des méandres de nos difficultés personnelles. Que sommes-nous en train de jouer ? Qu'est-ce qui se joue dans notre relation avec l'un ou l'autre ? Qu'est-ce qui se joue en nous ? {mospagebreak}
Le cheminement Sens et Vie
Ce cheminement, dans lequel j’ai engagé les Neuro-Coachs formateurs, nous propose de décoder les croyances limitatives sur nous-mêmes et sur les autres, croyances que nous avons développées dans l'enfance, les influences du système éducatif que nous avons reçues, les valeurs sociales que nous avons faites nôtres. En dégageant clairement les qualités intérieures inhérentes à chaque archétype, le Neuro-Coaching éclaire le chemin qui nous permet de mobiliser le meilleur de nous-mêmes.
Le fait de voir l'archétype agissant en chacun de nous, dissout les conflits interpersonnels et désamorce les émotions perturbatrices. nous arrêtons ainsi de tout prendre pour soi, de croire que l’autre réagit en fonction de soi, et non en fonction de lui. Quel pouvoir, presque hypnotique, a en nous ce terme de «moi» ! Comme s'il n'y avait que lui au monde. Comme s'il avait constamment besoin de prouver son existence, au prix souvent de souffrances répétitives. Manque d'amour, de reconnaissance, de place, de confiance, tel est notre lot commun derrière les aléas de nos histoires personnelles. L'ego qui crie « j'ai faim, j'ai faim » sans tendre la main vers le pain. Partage d'un manque qui pourrait nous inviter à la solidarité et à la compréhension réciproque plutôt que de nous amener à nous refermer sur nous-mêmes.
Une découverte de soi
Les archétypes nous invitent aussi à une « exigence de conscience » sans laquelle aucun épanouissement personnel n'est envisageable. Sens et Vie vous propose donc de passer au crible les fondements de nos comportements et de prendre la responsabilité de nos choix de vie. Même si certaines circonstances sont limitatives et si toute remise en question demande du temps pour se traduire concrètement, aucun changement n'est possible sans la reconnaissance préalable de notre « pouvoir personnel ». Nous sommes donc invités à porter un regard lucide sur nous-mêmes, à reconnaître nos « zones erronées » pour pouvoir tirer parti de nos expériences passées et apprendre de la vie. Et c'est souvent au travers des réactions des autres, qui s'offrent à nous comme le miroir de nos projections, ou au travers des résultats concrets de nos actions et de nos paroles que nous pouvons valider la justesse de nos positionnements et éradiquer les justifications et les illusions qui souvent nous servent d'excuses ou d'alibis.
Si je devais choisir un modèle sur lequel insister, c’est bien celui de l’archétype de la Victime. Tant que nous nous croyons incompétents et que nous nous apitoyons sur nous-mêmes, nous ne pouvons briser le cercle de la souffrance psychologique et dépasser nos conduites d'échec. Examiner ce que nous croyons être pour découvrir et devenir ce que nous sommes, tel est le but que je vous propose dans Sens et Vie.
Si vous me permettez cette métaphore, débusquer croyances et conditionnements est une œuvre de longue haleine qui s'apparente fort à celle du jardinier qui arrache les mauvaises herbes et accorde tout le soin qu'elles méritent aux plantes qui portent leurs fruits. Mais dès qu'il commence à s'occuper de son jardin, celui-ci le récompense avec les premières récoltes. Il y a des moments de découragement, des retours en arrière et il faut souvent retourner à l'ouvrage. Il faut apprendre à connaître la terre que l'on cultive, ce qui peut y pousser et ce qui n'est pas pour elle, il faut respecter les cycles de la nature, savoir quoi faire et quand, être à la fois déterminé et patient. En même temps, celui qui jardine y trouve à la fois du plaisir et un apaisement intérieur. Marcher sur le chemin devient aussi important qu'atteindre le but. Certaines mauvaises herbes ont une fonction utile dans l'écologie de la nature, d'autres qui semblent sans intérêt montrent, quand c'est la saison, des fleurs magnifiques.
Aucune partie de nous-mêmes n'est à rejeter : ce qui nous dérange ou que nous refusons en nous contient l’énergie dont nous avons besoin pour le transmuer en qualité positive. Certains des pires débauchés ont fait les plus grands saints. Ce que nous appelons un défaut n'est qu'un programme infecté par le virus de nos croyances : effacer ce programme, c'est nous amputer d'une partie de nos capacités. L’ombre d'un archétype, son dysfonctionnement, comme toutes les ombres, nous indique la direction de la Lumière. Ainsi partons-nous des modèles que nous ont offerts nos parents, notre famille, nos maîtres, avec leurs aspects positifs et négatifs, pour, petit à petit, en garder ce qui est bon pour nous, puis les compléter de ce qu'il leur a manqué, de ce qu'ils n'ont pu ou su trouver. Nous ne sommes pas tenus de réagir comme nos parents, ni de répéter des scénarios de famille générateurs de souffrance. Chacun d'entre nous doit trouver les pièces de son propre puzzle, la pièce qu'il a à jouer.{mospagebreak}
Croissance spirituelle
Ce cheminement spirituel permet d'associer à chacun des 35 Points-Focus qui représente un concept psychique, un modèle archétypal et son ombre, son aspect dysfonctionnel qui incarne d'une façon détournée et incomplète les qualités originelles et constructives de l'archétype. Chaque archétype prend domicile dans le corps qui devient ainsi concrètement le temple de l'univers, tel que le nommaient les traditions anciennes, ou la Maison des dieux comme se le figuraient les Égyptiens de l'époque pharaonique. Chacune des forces primordiales de la psyché humaine s'exprime à un niveau particulier du cerveau et est en relation avec les vertèbres, les organes et les glandes contenues à ce niveau. Ainsi verra-t-on l'archétype du Guerrier, en relation avec le cortex préfrontal gauche et la région du plexus solaire, influencer par exemple le fonctionnement des organes digestifs. On retrouve là des éléments de la médecine traditionnelle chinoise qui attribue aux organes internes des qualités psychologiques et une influence sur les comportements qui servent, en plus des constatations physiologiques, au diagnostic des maladies.
Ces correspondances entre les Point-Focus, les archétypes, les zones cérébrales et les organes, donnent une grille précieuse et fort utile pour aborder les problèmes psychosomatiques. Chaque trouble organique, chaque douleur peut être mise en relation avec le fonctionnement d'un concept psychique (par l'intermédiaire de la glande hormonale associée à celui-ci ou en référence au réseau nerveux issu d'un niveau de la moelle épinière). La douleur ou le trouble est l'indice de la tentative que fait la personne ou de la crise qu'elle traverse pour mettre en place dans sa vie les qualités de cet archétype.
J'y ajouterai la possibilité de mobiliser énergétiquement, par des focusing sur les couleurs associées aux Point-Focus, ces qualités archétypales. Ces focusing ainsi que l’intégration mémorielle réalisée durant le cheminement, permettent la dissolution des tensions corporelles en lien avec les problématiques archétypales, tensions-résistances qui souvent empêchent la personne, malgré toute sa bonne volonté, de mettre en place de nouvelles manières d'être.{mospagebreak}
Les liens
Dans les religions dites primitives, l'adepte choisissait le temple où il allait prier en fonction de la difficulté de vie qu'il rencontrait ; l'Indien qui partait à la chasse invoquait tel esprit en relation avec l'animal pourchassé. Les divinités se sont amalgamées dans le concept d'un Dieu unique même si on pourrait encore en voir une persistance dans les prières à un saint déterminé censé exaucer plus particulièrement un vœu précis. Les représentations archétypales n'ont plus de temples ; elles ont trouvé refuge dans notre corps. Nous sommes « déconnectés « des « dieux « et n'avons plus le réflexe ni la connaissance pour aller consulter le dieu Mars lorsque nous sommes en colère ou de nous en remettre à Maât, la divinité pharaonique du jugement, quand nous sommes victimes d'une injustice.
Privés de représentations symboliques, nous vivons d'autant plus difficilement nos problématiques personnelles, nos liens sociaux, la relation avec notre corps. Chaque somatisation est un appel à rétablir un lien avec un archétype, à écouter ce qu'il a à nous dire, à prendre le risque de laisser vivre en nous ses qualités. Plus nous donnons du sens, de la signification (étymologiquement, le passage par le feu) à ce que nous vivons et ressentons, c'est-à-dire plus nous nous dotons d'une symbolique personnelle, plus nous réduisons le risque de somatisation.
L'association Point-Focus / archétypes, nous amène plus profondément, au-delà des objectifs concrets de changement proposés dans cette démarche, à nous interroger sur la relation entre le niveau de perception, l'imaginaire et le langage métaphorique de l’inconscient. Ce langage qui, par sa symbolique et ses archétypes, nous aide à nous réconcilier avec notre dialogue intérieur afin de construire un pont entre notre inconscient et notre conscient. Ce dialogue qui nous tient à l’abri des clichés, des étiquettes et des interprétations. Ce dialogue qui, à travers sa symbolique, initie une interaction entre les différentes zones de notre cerveau. Ce dialogue qui active et mobilise nos neurones afin que le limbique parle au cortex préfrontal et inversement. A ce sujet, le magazine Science et Vie, dans son édition de mars 2009, mérite d’être lu. On y lit que la nouvelle technologie permet de lire dans le cerveau quelle image nous regardons, de projeter sur écran nos pensées visuelles, de retrouver dans le cortex les voix que nous entendons …
L’activation d’un Point-Focus, avec les manifestations hormonales (du grec hormaô, j'éveille) qui l'accompagnent, participerait donc, tel que nous le constatons en Neuro-coaching, à la manifestation énergétique et corporelle de l'archétype. Sa représentation imaginaire et les attitudes de vie qu'elle entraîne en seraient l'expression psychique. Il y aurait donc en nous, à la fois dans notre corps et dans notre psyché, une dynamique intérieure, un « mouvement d’âme » qui nous porte à la réalisation de nos potentialités, à l'accomplissement de notre légende personnelle. Voici donc Sens et Vie, une démarche qui nous invite à voir avec confiance notre avenir et celui de l'humanité.
© Guy Hauray, Ph.D. psychologie, anthropologie.
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